À quoi servent les rêves ? Est-il encore pertinent de poser la question d’une fonction biologique des rêves et que l’on placerait au même niveau que la nutrition, la respiration, etc. ? Certains neurobiologistes répondent non à cette question et considèrent les rêves comme de simples épiphénomènes associés à l’activité cérébrale, d’autres pensent qu’ils contribuent au développement épigénétique ou au traitement de l’information récemment acquise. Et cela sans qu’il soit nécessaire de chercher un sens à l’imagerie du rêve.
Par contre, je rejoindrai une autre catégorie de spécialistes qui, dans la lignée de la psychanalyse, attribuent un sens aux rêves. Cependant je n’attribue aux rêves aucun sens latent ni manifeste comme le postule S. Freud. Le rêve, selon Jung est, en lui-même, le sens qu’il porte. Il est explicite. C’est ce qu’Allan Hobson suggérait également. Néanmoins, tout en restant dans la lignée de Jung, j’ajouterai que le rêve nous renseigne sur la dynamique de notre conscience baignant dans un environnement particulier et initiatrice de comportements, d’attitudes, de jugements ou de postures qui informent à leur tour les centres du cerveau chargés de veiller à l’homéostasie de l’organisme. En cela le rêve serait également une sorte de vecteur d’informations venues du Proto-Soi (Antonio Damasio) et chargé d’informer la Conscience – Soi noyau, de l’état présent de l’organisme en indiquant les actions les plus pertinentes à des fins de préservation de l’homéostasie.
Il n’est donc pas juste de dire que le rêve serait pur produit du cerveau et sans intérêt autre que le fait d’exister à un moment donné des cycles circadiens.
Plus tôt, au début des années 70, un éminent neurologue français, Michel Jouvet, met en évidence les cycles du sommeil. C’est ainsi que l’on découvrit que les rêves apparaissent durant la phase de sommeil paradoxal, quand le cerveau est coupé de tout influx sensoriel. S’exprimant sur le récit du rêve, fort justement Michel Jouvet affirme : « Gardien et programmateur périodique de la part héréditaire de notre personnalité, il est possible que chez l’homme, le rêve joue également un rôle prométhéen moins conservateur. En effet, grâce aux extraordinaires possibilités de liaisons qui s’effectuent dans le cerveau au moment où les circuits de base de notre personnalité sont programmés, pourrait alors s’installer un jeu combinatoire varié à l’infini — utilisant les événements acquis — et donnant naissance aux inventions des rêves, ou préparant de nouvelles structures de pensée qui permettront d’appréhender de nouveaux problèmes. »

Illel Kieser el baz, Toulouse le 18/10/2025
(Histoire naturelle du rêve, fonctions du rêve, conférence de Michel Jouvet, in http://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/jouvet/histoire_naturelle/p11.html)

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